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Les harmoniques chez les instruments à cordes

 

Partie 2

 

L'écriture et le résultat sonore

 

 

     Dans cette partie, les exemples seront pris sur le violon. L'ensemble des principes est directement transposable à tous les instruments à cordes (frottées et pincées). Les spécificités de l'alto, du violoncelle et de la contrebasse ainsi que leurs tablatures d'harmoniques seront détaillées plus tard.

 

Les harmoniques naturels

 

Les harmoniques naturels sont ceux que nous obtenons sur une corde à vide en effleurant la corde du doigt en un point. C'est ce point qui est écrit sur la partition :

 

  • dans le cas où l'harmonique correspond à la note qui se trouve au même endroit pour un jeu sans harmonique, il suffit d'ajouter un point au-dessus de la note (la hauteur écrite correspond à la hauteur entendue) :

 

 

  • dans les autres cas, nous écrivons la position du doigt avec une tête de note en forme de losange :

 

 

Sur la corde de sol d'un violon, nous pouvons obtenir l'ensemble de ces harmoniques :

 

La précision de la corde (ici « sul G ») n'est pas obligatoire, mais peut s'avérer utile dans certains cas si le compositeur a une préférence.

 

Étant donné la différence entre certains harmoniques et le tempérament égal (se référer à la partie sur le phénomène physique), il faut noter que pour les harmoniques de rang 5 et 7, la position du doigt ne correspondra pas exactement à celles des notes écrites et le résultat sonore sera faux par rapport au tempérament égal.

 

 

Par symétrie, tous les harmoniques peuvent être joués de deux façons différentes sur la même corde. Par exemple l'harmonique de rang 3 peut être joué en effleurant la corde au tiers ou aux deux tiers de sa longueur. Sauf l'harmonique de rang 2 puisqu'il se situe au milieu de la corde :

 

Enfin, certaines notes harmoniques sont accessibles depuis différentes cordes :

 

Pour l'ensemble des possibilités d'harmoniques naturels du violon, de l'alto, du violoncelle et de la contrebasse, se référer aux tablatures correspondant à chaque instrument (tablatures par corde et par hauteur).

 

Les harmoniques artificiels

 

Pour créer un harmonique artificiel, le musicien doit appuyer franchement en un point de la corde pour définir la longueur de corde vibrante, et effleurer un autre point afin de choisir le rang de l'harmonique qu'il souhaite obtenir.

 

Le point définissant la longueur de corde vibrante est écrit en notation traditionnelle, et le point d'effleurement est écrit en losange.

 

Ainsi, pour obtenir un ré5 depuis la corde de sol du violon, le compositeur a le choix entre harmonique naturel et artificiel :​

 

En choisissant la longueur de corde vibrante, cela permet d'accéder à l'ensemble du chromatisme en sons harmoniques (se référer aux tablatures par hauteur des harmoniques naturels pour voir les limites de ces derniers).

La position relative du point d'effleurement par rapport au premier doigt permet de définir le rang de l'harmonique :

  • Pour des questions d'écarts de doigts, l'harmonique artificiel de rang 2 (octave) est très inconfortable et difficile à tenir sans trembler (encore plus sur le bas de la corde où il peut devenir impossible suivant la taille des mains). Son timbre très particulier correspond rarement à ce qui est recherché dans les harmoniques.

  • L'harmonique de rang 9 est très délicat à attraper et à conserver. N'ayant pas de caractéristique sonore notable par rapport à d'autres harmoniques plus simples, il n'est pratiquement jamais utilisé.

  • Plus aisés que l'harmonique de rang 9 mais bien plus difficiles que les harmoniques de rangs 3 et 4, les harmoniques de rangs 5 et 6 sont d'un effet peu convainquant et souvent d'une justesse approximative : leur utilisation est déconseillée.

  • Pour le timbre, la justesse et la facilité de jeu, l'utilisation des harmoniques de rang 3 et 4 (quinte et quarte) est conseillée

 

Voici la même note jouée sur différents rangs d'harmoniques et sur deux cordes différentes pour les harmoniques de rangs 3 et 4. Il est important de noter la différence de timbre par rapport au choix de la corde.

 

Quelques conseils sur les choix d'écriture et pour la préparation d'une session d'enregistrement

 

Compte tenu de la différence d'effet des harmoniques de différents rangs, il est conseillé de rester sur des rangs proches pour conserver une homogénéité, à moins bien sûr de vouloir jouer sur les différences de timbre et d'attaque. De façon générale, dans le cas d'harmoniques artificiels, il n'y a aucun problème tant que nous restons sur les harmoniques de rangs 3 et 4.

 

Toujours pour des questions d'homogénéité, mieux vaut ne pas changer de corde au cours d'une même phrase, sauf dans le cas de recherche d'effet particulier. Les tessitures des harmoniques de rang 3 et 4 de chaque corde du violon, de l'alto, du violoncelle et de la contrebasse sont indiquées dans leurs tablatures respectives.

 

 

L'enchaînement de plusieurs harmoniques n'est pas toujours évident. Dans le cas d'enregistrement d'orchestre, il est conseillé d'alterner (les notes d'une même phrase) entre deux pupitres (entres les violons 1 et 2, ou bien en divisant le pupitre des violoncelles...).

 

Dans le cas d'instrument soliste ou si le pupitre n'est pas assez fourni, répartir la phrase en deux prises est une solution qui permettra à la fois de gagner beaucoup de temps et d'avoir un meilleur résultat.

 

 

Quelques partitions proposent des doubles harmoniques (chez Paganini par exemple). Leur intérêt principal réside dans la démonstration de virtuosité. Ils n'ont aucune raison d'être dans des parties d'orchestre ou même chez les solistes lors de séances d'enregistrement. Encore une fois, les répartitions, les divisi ou le doublage des prises permettra de gagner beaucoup de temps et d'avoir un meilleur résultat.

 

Avec la participation d'Agathe HEMMO au violon